Formalisme Vs fonctionnalisme

les tours qui coulentIl faut comprendre que l’architecture est toujours une affaire de choix : on privilégie telle ou telle chose au détriment de telle autre.

Un projet d’architecture hiérarchise ces choix et place en tête une idée ou un concept et soumet tous les autres problèmes que doit résoudre l’architecte à cette idée ou ce concept.
Si je prend l’opposition l’architecture dite formaliste et l’architecture dite fonctionnelle, celles-ci s’opposent seulement sur le fait que l’une a décidé de privilégier la forme et de soumettre la fonction à cette forme, tandis que l’autre fait l’inverse.
Pour autant, l’architecture fonctionnelle a elle aussi une forme, et l’architecture formaliste doit aussi résoudre des problèmes fonctionnels.
Pourquoi certaines architecture privilégient-elle la forme ?
On pourrait dire que l’architecture fonctionnelle trouve sa source « à l’intérieur » du projet, en utilisant les fonction du programme pour exprimer quelque chose.
L’architecture formaliste trouve ses sources plutôt « à lexterieur » du projet, dans ce qu’on pourrait appeler de manière très large « le contexte ».
Le contexte doit être pris au sens large car il englobe non seulement le site, le terrain, la rue, la ville, (le contexte spatial et géographique) mais aussi le contexte social, politique, économique, moral, culturel, etc.
Dans la hiérarchie des choix à faire, les architectes formalistes utilisent la forme pour répondre au contexte dans lequel il construisent et soumettent le reste du projet, et notamment les fonctions, à cette forme.
Pour autant « soumettre » ne veut pas dire effacer mais plutôt contraindre : il y a toujours un équilibre entre la forme et la fonction, pour concilier les deux, sinon, le bâtiment ne marche pas.
L’inverse, dans une architecture fonctionaliste, soumet la forme à la fonction : form follow fonction » est un slogan fonctionnaliste très connu.
C’est dans cet équilibre forme-fonction et dans ce rapport forme-contexte qu’il faut étudier les architectures formalistes  : avoir donc une analyse subtile du pourquoi des choses et essayer de déterminer à quel problème contextuel l’architecture à cherché à répondre, sinon on n’en tire que du banalités sans intérêt. Tout le sujet réside dans « mais pourquoi a-t utilisé telle forme ? ». puis dans « mais comment l’a-t il utilisée ? »
Il faut aussi savoir analyser une architecture dans sa forme globale, mais aussi dans certains éléments particuliers qui auraient des caractères formels : la colonne, le fronton, pour ne citer que des clichés.
Le contexte, lui, doit savamment être décortiqué pour essayer de comprendre ce à quoi l’architecture faisait référence en utilisant un caractère formel comme élément majeur de son projet.
C’est, entre autre, une des raisons qui fait qu’aucune architecture ne peut être dissociée de son contexte géographique ou historique.
(c’est pourquoi il faut des conaissances assez large dans des domaines très variés pour comprendre une architecture)
A titre d’exemple, les tours actuellement sont le plus souvent une réponse formelle, à un contexte urbain mais aussi à un contexte politique et social : la tour émerge du sky-line de la ville, elle est symbole de technologie et de moedernité dans l’esprit d’un certain public, elle sert de support de communication politique et économique à l’équipe qui dirige la ville. Les tours privilégient alors le plus souvent une réponse formelle qui répond à tous ces critères sus-cités, plutôt qu’une réponse fonctionnaliste. La fonction de la tour (du bureau le plus souvent) s’arrangera de la forme.
Tu en trouveras des exemples à Dubaï ; la tour Agbar à Barcelone est un classique du genre. Lire à ce propos « le développement de ‘architecture américaine d’après guerre », article 6, chapitre 18, tome 3 de  « l’histoire de l’architecture moderne – les conflits de l’après guerre » de Leonardo Benevolo. dans lequel il retrace une généalogie du fâite des tours, qu’on pourrait appliquer à l’inverse, aux tours des années 2000.
Certaines architecture régionalistes utilisent des caractère formel de l’architecture vernaculaire (des tuiles, des arcs, des formes piochées dans le vocabulaire local) qu’elles ré utilisent de manière formelle. Venturi, en utilisant le toit en pente et la pseudo symétrie dans la maison de sa mère, ré utilise des caractères formels de l’architecture américaine.
Ceci étant posé, voici quelques pistes ;
L’architecture, à partir de la renaissance, ré utilise le vocabulaire grec et romain de la construction : colonnes, fronton, symétrie. Au début cette ré utilisation du vocabulaire classique revêtait un caractère constructif, mais elle a, au fil des sicles, jusqu’à l’architecture éclectique du XIXème siècle, de plus en plus revêtu un caractère formel. C’est cela en partie qui explique l’émergence de l’architecture moderne (et fonctionnaliste)  du XXème siècle, en réaction à cette tendance.
Palladio, lorsqu’il dessine des villas parfaitement symétriue, avec des éléments formels du temple romain qu’il plaque sur un programme de villa, fait un projet très formaliste, dans lequel il soumet la fonction à la forme. Son choix est justifié par le contexte culturerl ede l’époque (retour aux valeurs de la Roma antique, redécouverte des savoirs romain) et aussi par le contexte géographique : la villa Rotonda est au sommet d’un monticule, dominant le paysage, la symétrie accentue l’effet domiantn de l’objet sur le paysage. Voir la coupe sur le projet de la villa rotonda dans « l’apprentissage du regard ».
Michel-Ange, dans le ré aménagement de la place du Capitole à Rome, a utilisé les ordres colossaux de manière formelle : structurellement parlant ou fonctionnellement parlant, il n’en a pas besoin ; mais pour répondre au contexte spatial de la place, il a besoin de ces grands éléments qui donnent un élan monumental. Il a aussi cherché à répondre au souhait de son client d’avoir une architecture puissante. On a donc une approche formelle répondant à des contextes spatiaux mais aussi sociaux (le client et sa culture) plus qu’à une réponse purement fonctionnelle.
L’architecture symbolique fait partie des architecture formalistes.
Ventut, parle d’architecture « canard » pour qualifier les architectures utilisant une forme aisément reconaissable pour signifer leur fonction. Il prend ce nom d’une maison en forme de canard qu’il a photographié aux états unis (lire « learnig from las Vegas  » ou « l’apprentissage de Las Vegas » de Venturi et Scott Brown)
Pour lui,  l’architecture des églises gothique, sous des apparences structurelles et fonctionelles très forte, utilisait un plan en croix qui revêtait un caractère symbolique religieux. Venturi qualifie les églises en forme de croix de premier « canards ». Auguste Choisy dans son « histoire de l’architecture » explique bien cette préférence du clergé pour les plan en croix, pour des raisons symboliques, dans le cahpitre consacré à l’émergence de l’architecture gothique.
Ledoux, dans la maison du directeur des Salines de Chaux, empile des sections de colonnes rondes et des sections de colonnes carrées les unes sur les autres ; ceci n’a aucune raison structurelle ou fonctionelle. C’est une réponse purement formelle à un contexte culturel de l’époque qui cherche un nouveau vocabulaire architectural, plus épuré. Lire à ce propos le chapitre consacré à la colonne dans « le mzab une leçon d’architecture » d’André Ravéreau, qui explique à peu près tout ce qu’on doit savoir sur la colonne en architecture.
Au XXème siècle, Mario Botta a longtemps manipulé des géométrique pures qui sont une manière pour lui d’exprimer une souhait de perfection (réponse au contexte culturel) mais parfois dans certains projets en montagne de donner une réponse au paysage (contexte spatial), une manière de créer un point focal dans le paysage environnant, un point de tension qui organise tout le paysage.
Ricardo Bofill a beaucoup utilisé l’architecture formaliste dans ses projets des années 80+90. Dans ses projets à Cergy-pontoise,  à Montpellier (Antigone) ou à Paris (place de Catalogne), il utilise une architecture faite de colonnes, de frontons, de fenêtres à caractère néo classique, de tracés symétriques très formels pour exprimer l’idée d’un retour à un ordre classique qui résoudrait les problèmes de la ville actuelle. Une partie de l’architecture post-moderne a beaucoup utilisé ce type d’exercice formalistes. Léon Krier en est un autre exemple ; Philipp Johsnon aussi, pendant sa période post moderne.
A Casablanca, la grande mosquée Hassan IIest une architecture formaliste à beaucoup de p oint de vue :  ja grade halle de la foire juste à côté aurait été une meilleure réponse fonctionnelle  pour faire un grand volume capable d’accueillir du monde pour  la prière. En choisissant de faire une mosquée au vocabulaire néo-mauresque, un minaret, un toit ente recouvert de tuile verte, Michel Pinseau a fait une architecture formelle qui répond au contexte culturel de son client : refus de la modernité, conservatisme culturel, ancrage dans un répertoire formel connu de tous. Le toit en pente est une charpente métallique qui imite la forme d’une charpente en bois. La forme de ce toit n’est pas la frome que devrait avoir un toit en charpente métallique fait selon les règles de la rationalité structurelle. Les tuiles vertes en aluminium reprennent la forme des tuiles vertes en terre cuite. Quand on sait que les tuiles ont pour base formelle le fait qu’elles étaient moulées sur la cuisse de l’ouvrier, donner une forme de tuile à une couverture en aluminium rel!ve de l’imitation formelle, la fonction s’y soumet.
D’une manière géénrale, la plupart des mosquées au Maroc accentuent le caractère formel au détriment de la fonction.
La wilaya de Marius Boyer (1936) reprend les caract!ères formel de l’organisation en patio, les arcades en ogives du palais des doges de Venise, le campanile italien,  et les tuiles vertes de l’architecture marocaine. Aucyne raison fonctionnelle  à cela, uniquement des raisons formelles, pour répondre à des contexte culturels de l’époque. A toi de les trouver. Même chose pour le palais de justice (Marrast), la poste (Laforgue).
L’architecture dite « officelle » de Lyautey, privilégie l’utilisation d’arcades, de tuiles vertes, de zelliges, pour reprednre le caractère des architecture vernaculaires marocaines. Tout ceci est toujours valable pour la plupart des bâtiments officiels au Maroc, accentué par le « dicours aux architectes « d’Hassan II en 1986.
Les Twin center revêtent un caractère formel dans les proportions et la modénature de leur tours.
L’école d’architecture utilise le caractère formel des murs inclinés pour rappeler les murs en terre de l’architecture vernaculaire.
L’immeuble Axa sur le boulevard Hassan II (Zevaco) utilise la forme en hexagone pour ses fenêtres car elle rappelle les motifs utilisés pour les zelliges.
Bref, si tu recherche des architecture formalistes, plonge toi dans l’architecture de la renaissance au néo-classique, dans l’architecture art nouveau, dans le néo gothiuqe chez Berlage, L’expressionisme Allemand, certains bâtiments d’Aldo Rossi, de Gehry Hadid, Owen Moss, Tschumi, dans l’architecture  post-moderne, dans l’architecture des monuments d’une manière générale (bibliothèques, banques, tours, gares, aéroports, palais divers) tu y trouveras tout un répertoire de projets qui mettent en avant la forme comme réponse à un contexte donné. Tu peux aussi, avec beaucoup de courage, essayer de décortique les aspect formalistes des architectes modernes les plus connus : les piliers d’angles de Mies Van Der Rohe, les arcs de Louis Kahn, certaines formes chez Niemeyer (comme à Niteroi)…
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